mardi 1 septembre 2015

Regards

Cette rubrique est ouverte à toutes vos propositions, traces artistiques, billets d’humeur, arpentages poétiques de votre plume ou de celle d’un autre… N’hésitez pas à nous soumettre vos contributions par commentaires ou par mail : contact@scenes-obliques.eu.

jeudi 4 octobre 2012

Multiplicité

Par Italo CALVINO 

In « Leçons américaines » - Gallimard 1989

p176
«  … Lorsqu’on compare les deux écrivains-ingénieurs : Gadda, pour qui la compréhension consistait à se laisser impliquer dans un réseau de relations, et Musil, qui donne l'impression de tout comprendre dans la multiplicité des codes et des niveaux sans s'y impliquer jamais, il faut aussi tenir compte d'un point qu'ils ont en commun : ni l'un ni l'autre ne peuvent conclure.

"La jouiscience"


Par Marcel MOREAU - « Une philosophie à coups de rein » de chez Denoël 2007
« Le corps rythmique et impunément écrivant ne serait-il pas, par quelque côté, et en dépit de son pessimisme philosophique, une source de jouiscience ? La jouiscience n’est pas un néologisme de plus, surtout n’allez pas croire ça. Pas de quoi perturber le cours tranquille du Lexique. Il ne fait que passer, pour y déposer sa semence, dans les flancs, disons l’utérus, d’un improbable ventre de femme en grand désir de le concevoir, on ne sait jamais. Au moment où je l’écris, il n’a d’avenir que comme sécrétion. Mais c’est beaucoup, de mon point de vue en tout cas, une sécrétion de cet ordre, même aléatoire, elle peut décider du climat d’un livre, par-delà l’enchaînement des saisons. Un jour, la jouiscience sera peut-être, j’ignore à quel degré de température, un mot qu’il faudra considérer comme profondément alerte et généreux, véhiculant une manière d’appréhender la réalité affranchie de ses phantasmes intellectuels, cause de tant d’affaissements du langage au cœur même de notre instinct de vie. 

Mon buste

Ce texte est un extrait de la préface que Paul Valéry a rédigée pour le catalogue de l'exposition Renée Vautier à la galerie Charpentier en 1935. Une des sculptures que Renée Vautier a exposée représente le buste de Paul Valéry.

« Je dois à la circonstance de mon buste, non seulement ce buste assez beau; mais encore, la conscience très précieuse des peines et des problèmes étonnamment subtils dans lesquels la pratique approfondie d'un art dont la donnée est la plus simple du monde, engage celui qui mérite et qui s'inflige ces nobles tourments.